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Dermato-vénéréologie

Publié le 31 mar 2025Lecture 4 min

Les ESSDV : une avancée dans l’optimisation du parcours de soins en dermato-vénéréologie

Luc SULIMOVIC, président du SNDV, président de l’ESSDV-IDF

Les équipes de soins spécialisés (ESS) sont de nouvelles structures qui visent à amé liorer la prise en charge et la coordination des parcours de soins. La première ESS en dermatologie-vénéréologie a vu le jour en Île-de-France en novembre 2019 et a permis de mettre en place un réseau de téléexpertise efficace dans le dépistage et dans la prise en charge des cancers de la peau et depuis mai 2024 dans celle des dermatoses chroniques inflammatoires.
Définies par la loi relative à l’organisation et à la transformation du système de santé du 24 juillet 2019, les équipes spécialisées de soins spécialisés (ESS) sont de nature conventionnelle, au même titre que les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) mais ne concernent que les spécialistes d’une spécialité médicale. En dermatologie-vénéréologie, ces équipes permettent de regrouper des dermatologues libéraux afin d’optimiser les parcours de soins sur un territoire.

Compte tenu du nombre de professionnels libéraux en dermatologie-vénéréologie, la dimension des ESS est régionale. Les ESS peuvent être créées à l’initiative des professionnels libéraux et subventionnées par les agences régionales de santé (ARS) et l’Assurance-maladie. La gouvernance doit être libérale et mettre en place des partenariats avec les autres structures de santé du territoire (CPTS, hôpitaux publics ou privés) ou des professionnels de santé (médecins, paramédicaux). La première équipe de soins spécialisés en dermatologie-vénéréologie (ESSDV) a été créée en Île-de-France en novembre 2019 avec le soutien de l’URPS et de l’ARS Île-de-France(1). Depuis, elle a prouvé son utilité notamment en oncodermatologie et dans les dermatoses inflammatoires.   Des réseaux de téléexpertise   L’ESSDV-IDF contribue à assurer la prise en charge des patients en proposant des réseaux de téléexpertise pour répondre aux besoins croissants en dermatologie. Ces réseaux de téléexpertise permettent de mettre en relation les dermatologues libéraux et différents professionnels de santé afin d’améliorer l’accès aux soins sur le territoire. Deux réseaux de téléexpertise sont mis en place par l’ESSDV-IDF : un premier dédié à l’oncodermatologie et un second dédié aux dermatoses chroniques inflammatoires. • Réseau de téléexpertises en oncodermatologie Ce réseau, géré par l’ESSDV-IDF depuis 2020, permet l’envoi de photos de lésions cutanées suspectes par les médecins généralistes, gériatres, médecins vasculaires, infirmiers, kinésithérapeutes et pédicures-podologues d’Île-de-France. Cette demande d’avis diagnostique est ensuite traitée par l’un des 41 dermatologues du réseau dans un délai médian de 2 heures (33 heures de délai moyen). À l’issue de la téléexpertise, si cela est nécessaire, une consultation est alors proposée par le dermatologue pour prendre en charge le patient. Depuis 2020, ce réseau de téléexpertise a permis de répondre à 2 300 demandes d’avis et ont concerné 64 % de lésions bénignes, 8 % de lésions précancéreuses et 28 % de lésions cancéreuses (figure 1). Ces téléexpertises ont ainsi permis de diagnostiquer 84 mélanomes, 295 carcinomes basocellulaires et 154 carcinomes épidermoïdes (figure 2)(2). Figure 1. Types de lésions prises en charge. (Données de 2020 à 2024.) Figure 2. Types de lésions cancéreuses diagnostiquées. (Données de 2020 à 2024.) Ce réseau permet de raccourcir le délai de prise en charge des cancers cutanés, avec un délai moyen de 8 jours, entre la téléexpertise et la consultation, pour une suspicion de mélanome et de 18 jours pour une suspicion de carcinome basocellulaire ou épidermoïde(2). Entre 2020 et 2024, le nombre de demandes sur le réseau de téléexpertise a été multiplié par sept, passant de 173 demandes par an à 1 246 demandes par an, mettant en évidence son intérêt et son importance. • Réseau de téléexpertises dans les dermatoses chroniques inflammatoires À la suite de la levée de la prescription initiale hospitalière pour certaines biothérapies, permettant désormais aux dermatologues libéraux d’initier ces traitements, l’ESSDV-IDF a mis en place un nouveau réseau de télé expertise en mai 2024. Ce réseau permet l’envoi de demandes d’avis thérapeutiques par les médecins généralistes, les gériatres, les pneumologues, les rhumatologues, les pédiatres, et les pharmaciens d’Île-de-France. Ce réseau concerne les patients atteints de psoriasis, de la maladie de Verneuil, de vitiligo, de pelade, d’urticaire chronique ou de dermatite atopique. Après qu’une demande de téléexpertise a été faite, un des dermatologues du réseau indique au requérant si une prise en charge du patient est nécessaire et propose le cas échéant une consultation. Actuellement, 17 dermatologues de l’ESSDV-IDF prennent en charge ces demandes de téléexpertise dans un délai médian d’une heure (5 heures de délai moyen). Depuis sa mise en place, ce réseau de téléexpertise a permis la prise en charge de 99 demandes d’avis de téléexpertises. Celles-ci ont concerné 42,6 % de psoriasis, 40,7 % de dermatite atopique, 5,6 % de maladie de Verneuil, 5,6 % d’urticaire chronique, 3,7 % de vitiligo et 1,9 % de pelade (figure 3). Figure 3. Types de pathologies prises en charge. (Données de mai 2024 à janvier 2025.)   Réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP) en oncodermatologie   Les docteures Marie-Sophie Gautier et Laurence Ollivaud ont mis en place, en 2019, la plateforme e-RCP OncoDerm, afin de faciliter le parcours de soins des patients en ville, en permettant l’enregistrement et la discussion des mélanomes et carcinomes traités par les dermatologues et chirurgiens libéraux. Les demandes de RCP d’oncodermatologie peuvent être adressées, de manière sécurisée, à des RCP libérales composées de dermatologues libéraux, d’anatomo-cytopathologistes et de chirurgiens plasticiens, ou adressées à une RCP portée par un centre hospitalier. Entre 2020 et le 31 janvier 2025, 771 demandes d’adressage en RCP ont été réalisées, dont 655 vers des RCP libérales et 116 vers des RCP hospitalières. Les pathologies adressées en RCP sont : 42 % de mélanomes, 26,5 % de carcinomes basocellulaires, 23,5 % de carcinomes épidermoïdes cutanés, 0,5 % de carcinomes cutanés annexiels, 0,5 % de carcinomes à cellules de Merkel, et 7 % d’autres pathologies (figure 4). Figure 4. Types de pathologies adressées en RCP. (Données de janvier 2020 à janvier 2025.)

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