Psoriasis
Publié le 31 mar 2025Lecture 3 min
Du psoriasis à la dermatite atopique : la vague continue des thérapies systémiques ciblées
Catherine OLIVERES-GHOUTI, d’après la présentation du Dr Marius Anton Ionescu lors des rencontres du SNDV, 30 janvier 2025, Paris

Les avancées thérapeutiques dans le traitement du psoriasis et de la dermatite atopique reposent sur l’essor des traitements systémiques ciblés. Pour le psoriasis en plaques modéré à sévère, les biothérapies anti-IL-17 et anti-IL-23 constituent la première ligne de traitement après échec ou contre-indication des traitements systémiques conventionnels. Les inhibiteurs du récepteur TYK2 apportent une nouvelle option thérapeutique orale prometteuse. Par ailleurs, des traitements topiques innovants offrent également de nouvelles perspectives. Pour la dermatite atopique, les biothérapies et les inhibiteurs de JAK ont élargi l’arsenal thérapeutique, tandis que de nouveaux topiques sont en cours d’approbation.
Le psoriasis en plaques modéré à sévère
L’avènement des biothérapies a révolutionné la prise en charge du psoriasis cutané, permettant une disparition complète ou quasi complète des lésions dans la majorité des cas.
Thérapies systémiques
Les thérapies systémiques pour le traitement du psoriasis en plaques modéré à sévère en échec thérapeutique ou ayant une contre-indication à une thérapie systémique conventionnelle sont citées dans la figure 1.
Figure 1. Les biothérapies disponibles en France (AMM) pour le traitement du psoriasis en plaques modéré à sévère et le psoriasis pustuleux généralisé (données à janvier 2025).
Les biothérapies bloquant l’interleukine 17 (IL-17) ou l’interleukine 23 (IL-23) sont considérées comme la première ligne thérapeutique parmi les biothérapies ayant une AMM (avant les autres classes des biothérapies).
Une cible prometteuse parmi les thérapies systémiques orales est le récepteur de tyrosine kinase 2 (TYK2)(1), un récepteur de la famille des récepteurs JAK, impliqué dans plusieurs voies de signalisation intracellulaire, dont celles des IL-23, l’IL-12 et de l’interféron de type 1 (IFN-1), voies impliquées dans la physiopathologie de plusieurs maladies inflammatoires chroniques de la peau comme le psoriasis mais aussi des maladies auto-immunes (lupus érythémateux systémique et autres) (figure 2).
Figure 2. Les voies d’activation du récepteur TYK2 (d’après M. Gonciarz et coll., Immunotherapy 2021[1].)
Dans la famille des anti-TYK2 en cours d’évaluation, on cite le zasocitinib oral (TAK-279) – un essai de phase IIb a évalué l’efficacité à différentes posologies dans 47 centres aux États-Unis et 8 au Canada entre août 2021 et septembre 2022(2).
Déjà commercialisé, le deucravacitinib, est un inhibiteur allostérique du récepteur TYK2, sous le nom de SOTYKTU® (laboratoire BMS), disponible en prescription hospitalière et en ville pour le traitement du psoriasis modéré à sévère en échec d’un traitement conventionnel. Ce médicament ne nécessite pas d’ordonnance d’exception, pas de suivi biologique particulier(3).
Thérapies topiques du psoriasis en plaques en cours d’obtention d’AMM
L’agoniste du récepteur du récepteur Aryl-hydrocarbon (AhR), l’anti-JAK topique tapinarof crème 1 % (VTAMA®, laboratoires Dermavant), a été approuvé par la Food and Drug Administration (FDA). Ce topique a vite trouvé sa place aux États-Unis, notamment dans le contexte d’une certaine corticophobie. À 12 semaines le tapinarof topique a montré une amélioration significative (vs excipient) du score initial Psoriasis Area and Severity Index (PASI). Les rares effets indésirables rapportés ont été des folliculites localisées, dermites de contact, des céphalées, du prurit(4).
L’anti-PDE4 topique, le roflumilast crème 0,3 % : (ZORYVE®, laboratoires Arcutis) été approuvé par la FDA, avec de bons résultats notamment dans le psoriasis des plis(5).
Dermatite atopique
L’algorithme présenté dans la figure 3 permet de bien situer les traitements disponibles dans la stratégie thérapeutique de la prise en charge de la dermatite atopique (DA)(6).
Figure 3. Algorithme de la prise en charge « étape par étape » pour les adultes atteints de DA. Recommandations européennes (d’après Wollenberg et coll.[6]).
Les thérapies systémiques (biothérapies et anti-JAK) ayant une AMM dans le traitement de la DA avec indication de traitement systémique (en échec ou ayant une contre-indication à la ciclosporine) sont citées dans la figure 4.
Figure 4. Thérapies 2025 ayant une AMM pour la DA modérée à sévère en échec à la ciclosporine.
Le lébrikizumab est une biothérapie anti-IL-13 ayant obtenu une AMM dans plusieurs pays de la communauté européenne. Parmi les thérapies orales en cours d’AMM, l’anti-JAK1 ivarmacitinib a montré de bons résultats dans des études de phase III(7).
Traitements topiques de la DA et de l’eczéma chronique des mains
L’anti-phosphodiesthérase-4 roflumilast crème 0,3% (ZORYVE®, Arcutis) a obtenu l’AMM aux États-Unis dans la dermatite atopique, l’agoniste du récepteur aryl-hydrocarbon – tapinarof crème 1 % (VTAMA®, Dermavant) a aussi été approuvé par la FDA en 2024.
L’anti-pan-JAK delgocitinib topique est en cours d’obtention d’AMM en France (ANZUPGO®, Leo Pharma) pour l’eczéma chronique des mains.
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